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Le 30 juin 2026, le gouvernement du Québec a dévoilé son premier Plan de gestion intégrée des ressources énergétiques 2026-2050 (le « PGIRE »), qui devient le principal cadre de référence de la politique énergétique au Québec pour les 25 prochaines années.
Le PGIRE remplace les orientations gouvernementales antérieures en matière d’énergie et d’efficacité énergétique, ainsi que la cible transitoire d’approvisionnement en électricité de 255 TWh d’ici le 1er janvier 2035 prévue au chapitre 24 des lois annuelles de 2025. Il succède à la Politique énergétique 2030 publiée en 2016 et doit guider les futurs exercices de planification énergétique, notamment les plans d’approvisionnement des distributeurs réglementés, en les arrimant aux objectifs de décarbonation, de sécurité énergétique et de développement économique du Québec.
Une transition énergétique au service du développement économique
Le PGIRE inscrit la transition énergétique dans une logique à la fois environnementale et économique, en la présentant non seulement comme un impératif climatique, mais aussi comme un levier de développement et de création de valeur au Québec.
Le document présente le développement des filières d’énergie propre et renouvelable comme un moteur de création de richesse, d’investissement et de croissance économique. En effet, les investissements requis devront être orientés de manière à maximiser les retombées économiques au Québec.
En pratique, le PGIRE confirme que la transition énergétique du Québec reposera sur une combinaison d’électrification, de réduction de la demande, de développement des énergies renouvelables, de bioénergies et de modernisation des réseaux.
Les cinq orientations du Plan de gestion intégrée des ressources énergétiques
Le PGIRE s’articule autour de cinq orientations qui structureront les politiques énergétiques du Québec jusqu’en 2050 :
Orientation 1 : Faire du Québec un consommateur d’énergie exemplaire
Dans un contexte de pression accrue sur les ressources énergétiques, l’efficacité et la sobriété énergétiques sont présentées comme des leviers prioritaires. La première orientation vise ainsi, d’ici 2050, des économies de 50 TWh en électricité et de 14 TWh en gaz naturel.
Orientation 2 : Assurer un système énergétique sécuritaire, résilient et adapté à l’évolution des besoins énergétiques
Les besoins en puissance représentent un enjeu majeur pour le Québec, compte tenu de l’importance des pointes de consommation, particulièrement en hiver. Les besoins additionnels pourraient atteindre près de 2 GW d’ici 2030 et environ 12 GW d’ici 2040, tandis que les besoins de pointe pourraient croître jusqu’à 22 GW à l’horizon 2050.
Pour répondre à ces besoins, le PGIRE mise sur un bouquet énergétique diversifié et majoritairement renouvelable, ainsi que sur le maintien d’infrastructures et de réseaux fiables, durables et modernisés.
Orientation 3 : Soutenir le développement des filières d’énergie renouvelable
Le PGIRE réaffirme l’engagement du Québec envers le développement des énergies renouvelables, la production actuelle n’étant pas appelée à suffire aux besoins projetés à l’horizon 2050. Le Québec devra ainsi accroître ses approvisionnements électriques de 100 TWh et ses approvisionnements en bioénergies de 50 TWh. La bioénergie forestière y occupe une place importante, avec un objectif d’environ 20 TWh en 2050.
Le PGIRE fixe également des jalons intermédiaires pour 2030 et 2040. Le déploiement des nouveaux approvisionnements électriques devrait ainsi atteindre environ 15 TWh en 2030 et 60 TWh en 2040 afin de soutenir une trajectoire compatible avec la cible de 2050.
Le PGIRE aura aussi des effets concrets sur la planification des distributeurs réglementés.

Orientation 4 : Placer la disponibilité de l’énergie et les bénéfices économiques de la transition énergétique au cœur des décisions
Le PGIRE privilégie une approche pragmatique et progressive de la transition énergétique. Cette approche se traduit par l’électrification prioritaire des usages les mieux adaptés, tout en maintenant temporairement le recours au gaz naturel et aux produits pétroliers dans les secteurs plus difficiles à électrifier, notamment le transport lourd et le transport aérien.
Le PGIRE évoque aussi la possibilité d’échanges d’électricité avec les réseaux voisins, notamment ceux des autres provinces.
Orientation 5 : Réaliser la transition énergétique au meilleur coût pour la société
Le PGIRE reconnaît que la transition énergétique entraînera des coûts importants et pourrait accentuer certaines pressions tarifaires à court et moyen termes. Il présente toutefois ces coûts comme le corollaire d’investissements appelés à générer des retombées économiques significatives au Québec.
À l’horizon 2050, le Québec pourrait bénéficier d’une hausse de 14,2 milliards de dollars de l’activité économique sur son territoire, tandis que l’accroissement des capacités énergétiques pourrait réduire les dépenses énergétiques des ménages québécois.
Un rôle accru pour les distributeurs réglementés
L’un des éléments les plus importants du PGIRE est son lien direct avec la planification des distributeurs. Hydro-Québec devra déposer un plan d’approvisionnement en électricité sur 15 ans conforme au PGIRE, tandis que les distributeurs de gaz naturel demeureront assujettis à des obligations comparables sur un horizon de 10 ans.
En d’autres termes, le PGIRE est appelé à influencer non seulement les politiques publiques, mais aussi l’environnement réglementaire et commercial dans lequel les projets énergétiques seront développés, financés et exploités.
Mise en œuvre
Le PGIRE devra être mis à jour tous les six ans, et le gouvernement devra publier un état de sa mise en œuvre dans les six mois suivant le troisième anniversaire de son approbation. Il pourra également être révisé plus tôt si des circonstances exceptionnelles le justifient.
Pour les entreprises actives dans les secteurs de l’énergie, des infrastructures, de l’industrie et du financement, le PGIRE constitue un signal clair quant à la direction que le Québec entend donner à son système énergétique, ainsi qu’aux occasions, contraintes et évolutions réglementaires qui pourraient en découler.
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